Elle acheva d’écrire la troisième lettre, la mit sous enveloppe, la disposa sur la table, auprès des autres.
Elle s’habilla de blanc : robe vaporeuse de mousseline à manches longues, flottant autour de ses bras, comme des ailes.
Elle tressa sa longue chevelure dorée ; regarda autour d’elle pour s’assurer que tout était en ordre, puis elle sortit.
C’était l’heure la plus chaude. Les rues étaient désertes.
Elle marchait vite, comme elle le faisait naguère pour rejoindre celui qu’elle aimait, l’unique, l’irremplaçable…
Enfin, elle arriva sur l’avenue qui borde la mer. Marée haute ; pas de vagues. L’eau, d’un vert pâle, opalin, murmurait sur les galets.
Elle prit le sentier qui escaladait la falaise. Personne, là non plus. Les herbes déjà sèches frissonnaient sous une brise légère.
Parvenue au bout du chemin, elle s’assit un moment pour reprendre haleine et contempler ce paysage si familier : le ciel voilé d’un soupçon de brume, le manteau de calcaire éblouissant où affleuraient des blocs de silex et, en bas, tout en bas, le doux clapotis des vagues.
Puis elle se leva, se tint debout quelques instants, pour éprouver encore ce merveilleux vertige…
Enfin, elle s’envola vers cet ailleurs auquel, depuis longtemps, tout son être aspirait…
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